la valse des "mini - steres" !
Par stephane — lundi 25 février 2008 — 22:31
entendu ce matin sur France Inter :
lundi 25 février 2008, 07h25
Crises dans la culture française , selon Antoine de Baecque
Thierry STEINER vous conseille un blog...
Double click ce matin sur le blog d’Antoine de Baecque , historien et critique de cinéma… Il publiera dans quelques jours un livre intitulé « Crises (au pluriel) dans la culture française » et en attendant il nous offre sur son journal en ligne une reflexion sur la politique culturelle de Nicolas Sarkozy et il tente une definition d’un bon ministre de la culture.
Il ne fait aucun doute pour Antoine De Baecque que Christine Albanel prépare ses cartons et se dirige déjà vers la sortie… aussi discrètement qu’elle a occupé son poste…
Laissée dans l’ignorance des annonces présidentielles sur l’audiovisuel public, etroitement encadrée par une lettre de mission remise par l’élysée, en état de sursis permanent, condamnée… au fond… a ne pas faire de bruit et à garder le sourire….
Madame la ministre souriait encore vendredi soir à la remise des cesars, quand elle fut interpellée par Jeanne Moreau….
Au passage j’en profite pour vous signaler si vous avez raté le 7/9 du week end consacré à la crise du cinéma… que nous vous proposons un dossier complet de rattrapage sur Franceinter.com.
Ensuite ? se demande Antoine de Baecque…. Qui viendra s’installer rue de Valois ? Et pour quoi faire ?
Historiquement il y a selon l’historien trois modeles de ministre de la culture. André Malraux, Jack Lang et Tartanpion. Le probleme étant que tous ont connu l’echec.
Malraux, celui que De Gaulle appelait l’ami génial etait en quelque sorte protégé par sa perpetuelle grandiloquence et son narcissime exacerbé. Des discours épiques et visionnaires… mais également obscurs et esotériques. Des tremblements…. Des obsessions… De l’exces et de la grandeur…
Malraux…. poursuit De Baecque… fut le saucier le plus illustre de la gloire culturelle française. Même s’il faut relativiser son action…. Et la place qu’on faisait alors au budget de la culture, 0,4 % du budget de l’etat…. Contre 1 % aujourd’hui.
Avec Jack Lang, tout fut culturel. Les arts, les lettres, le rock, la BD, un coup franc de michel platini, chaque idée du president…. La culture n’etait plus seulement un ministere sectoriel mais un centre de gravité autour duquel tout devait s’ordonner.
On a inventé la fete de la musique, la fureur de lire, la ruee vers l’art… et tout devait être grand, très grand, le grand louvre, la grande arche, les grands travaux, la tres grande bibliotheque…
Mais le lyrisme et la croissance budgetaire de la politique culturelle contraste malheureusement et ironiquement avec la baisse à la même époque de la fréquentation de tous les lieux de culture, concerts, théatres, bibliothèques, musées nationaux, cinemas….
Un francais sur 3 ne lit pas même un livre par an, les deux tiers ne sont jamais allés au théatre et 85 % de la population ne frequente jamais un musée ou une expo….
Depuis plus de 20 ans chaque étude du ministere conclut à l’echec de la democratisation…
Entre Malraux et Lang… après Jack ensuite… on a tout essayé… et Antoine de Baecque nous rappelle ici la longue liste de celles et ceux qui ont valsé rue de Valois. Le bail est de courte durée…. Druon, Peyrefitte, Giroud, d'Ornano, Toubon, Tasca, Trautmann, Douste Blazy, Aillagon, Donnedieu de Vabres et j’en passe avant d’ajouter bientôt, alors, surement le nom d’Albanel… nommée il y a 8 mois par un président Sarkozy profondemment méfiant vis à vis de la culture, peu cultivé lui même et qui le revendique, dont la langue même est souvent rebelle à la culture… et dont la vision en ce domaine, souligne Antoine De Baecque, se limite à défendre le patrimoine, et laisser aux initiatives locales, donc aux notables municipaux et regionaux, le soin de gerer et de distribuer les credits.
Le malheur conclut le bloggeur… c’est que la politique culturellle se trouve aujourd’hui hors de l’espace public…. La culture est certes partout…. Il n’y a pas un programme pour la presidentielle, les municipales, les régionales…. sans son chapitre culturel. Mais ce n’est pas la où se gagnent ou se perdent les élections. Dans la France de ce début de 21ème siecle, la culture est ainsi partout, tout le monde en veut, tout le monde la revendique, mais son paradoxal triomphe marque surtout sa sortie de la controverse politique et son exclusion du choc des idées. Elle est la marque d’un « faire joli », une poule de luxe….
Christine Albanel resistera – t elle au mois de mars ?
La question ne semble plus tellement importante à la lumière de cette analyse…
Blog d'Antoine de Baecque